Geneviève Raugel

Geneviève Raugel

C’est avec une immense tristesse que nous apprenons le décès de Geneviève Raugel vendredi 10 mai, après 19 mois de lutte contre la maladie.

Geneviève était Directrice de recherches au CNRS depuis 1994, affectée dans notre laboratoire depuis 1989.
Née en 1951, ancienne Elève de l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay aux Roses (1972-77), agrégée de Mathématiques, elle a effectué toute sa carrière au CNRS où elle est entrée en 1978.

Geneviève était une des figures importantes de notre département par son activité mathématique exceptionnelle, avec des contributions remarquables sur un vaste champ s’étendant de l’analyse numérique des équations aux dérivées partielles à l’étude des systèmes dynamiques en dimension infinie.
Ses premiers travaux de recherche concernent la résolution par éléments finis de problèmes elliptiques dans des domaines à coin. Avec C. Bernadi elle a étudié un élément fini pour le problème de Stokes introduit par Fortin ("élément fini de Bernardi-Fortin-Raugel) qui est encore très utilisé.
La majeure partie de sa thèse d’état sous la direction de M. Crouzeix à Rennes est consacrée à l’approximation en dimension finie de problèmes de bifurcation intervenant dans le flambage d’une barre hyperélastique invariante par le groupe diédral. Elle a introduit des concepts pour le problème continu (par exemple une généralisation du lemme de Morse dans les espaces de Banach) qui s’adaptent bien au problème discrétisé.
Elle a changé de domaine de recherche après sa thèse à l’occasion d’une rencontre avec J. Hale à
l’université Brown en 1985 qui l’a encouragée à se tourner vers l’étude qualitative des EDP d’évolution. Elle a étudié les propriétés qualitatives des attacteurs d’EDP, leur continuité par rapport à divers types de perturbation, notamment du domaine, la régularité des solutions dans ces attracteurs et des propriétés de dynamique générique.
L’étude des attracteurs en domaine mince l’a conduit a considérer l’équation de Navier-Stokes et divers modèles de mécanique des fluides dans des domaines minces. Ses travaux avec G. Sell sont les premiers à avoir mis à profit les propriétés du domaine pour améliorer les résultats d’existence et de régularité globale.
Depuis quelques années, elle s’intéressait avec N. Burq et W. Schlag à l’utilisation de techniques de systèmes dynamiques dans l’étude des équations de Klein-Gordon amorties focalisantes.

Geneviève était aussi appréciée pour son investissement infatigable dans la vie de notre laboratoire et de notre université et dans la formation des étudiants qu’elle assurait avec une attention et une gentillesse rares.

Notre département perd une mathématicienne remarquable et nous sommes nombreux à perdre une amie.

Nous transmettons nos condoléances et notre amitié à sa famille et en particulier à son conjoint Gérard Laumon.

Son ancienne page web est accessible ici.